La fermentation

 

C’est de manière assez intuitive que je me suis intéressée au kéfir, puis à la fermentation en général. Quand je regarde ce qui m’y a amenée, il me semble que j’ai tiré un fil, qui a cédé de temps en temps, mais que j’ai toujours eu envie de ressaisir pour aller voir plus loin. Et la persévérance paie, comme souvent. Découvrir la fermentation, c’est à la fois prendre un billet pour un tour du monde et grimper dans une machine à remonter le temps. C’est aussi donner un fondement aux critiques que l’on développe actuellement contre l’industrialisation du tout et du rien.

En effet, la fermentation existe depuis toujours, sans doute avant la cuisson des aliments il y a 500 000 ans, et l’on en retrouve des traces de par le monde, dans toutes sociétés, qu’elles soient modernes ou non. Le café, le thé, le chocolat, les cornichons, le pain, le fromage, les yaourts, le saucisson… et j’en passe, toutes ces préparations font intervenir une fermentation.

Pourquoi la technique de fermentation me parle-t-elle autant ? Pour plusieurs raisons.

 

Les microbes, bactéries et levures sont sans doute les premières formes de vies à être apparues sur Terre et notre corps en est largement constitué. On sait qu’un apport alimentaire en produits lactofermentés, c’est-à-dire où les bactéries ont transformé les glucides en acide lactique, est ainsi favorable à notre flore intestinale et permet de lutter contre des bactéries pathogènes. De nombreux ouvrages et publications ont d’ailleurs récemment montré le lien existant entre une flore équilibrée et un bon fonctionnement physique et psychique. La fermentation améliore en outre la digestibilité des aliments.

 

La fermentation est un moyen de conservation écologique et économique, permettant de limiter le gaspillage alimentaire.

 

Il est également intéressant d’apprendre que non seulement la fermentation ne tue pas les vitamines comme d’autres moyens de conservation, mais elle en crée ! C’est d’ailleurs à la choucroute, riche en vitamine C, que le capitaine Cook semble devoir la survie de ses matelots lors de ses voyages au XVIIIe siècle.

 

Enfin, la fermentation permet d’échapper à l’uniformisation du goût : préparer des légumes lactofermentés, c’est redécouvrir toute une palette de saveurs. Au fil du temps, la préparation s’enrichit en molécules aromatiques produites par les bactéries et les levures.

 

Par conséquent, un procédé maison, rapide d’exécution mais qui se bonifie avec le temps, non énergivore, qui nous fait du bien au palais et au ventre, et qui bien effectué, est exempt de toute dangerosité, a, à mes yeux ébahis, toute sa place dans un mode de vie sain et conscient.

C’est pourquoi je recommande vivement son apprentissage simple et propose des ateliers à cet effet. Je distribue aussi gratuitement des grains de kéfir (ils ne se vendent jamais, mais se donnent) vous permettant de réaliser des boissons complètement naturelles, riches en goûts et en bienfaits.