Je m’intéresse à la botanique depuis peu. J’aime les plantes depuis toujours, j’en fais des mobiles, des herbiers, des collages, mais je n’avais, avant ma formation en naturopathie, jamais ressenti le besoin de les nommer et d’en connaître les propriétés. Un vrai déclic se produit lorsque j’apprends que la loi Labbé, votée en janvier 2017, interdit désormais l’utilisation, par les collectivités territoriales et les établissements publics, de produits phytosanitaires pour évincer les plantes sauvages. On les voit alors apparaître, grandir, s’installer dans les anfractuosités de nos villes corsetées de béton, faire parfois craquer le bitume et c’est une révélation pour moi. Ces herbes poussent sans rien demander à personne, on les dit « folles » ou « sauvages » et pourtant, elles sont bien souvent pleines de vertus et bonnes en cuisine. Il n’est en effet pas rare de voir ce que l’on ignore dénigré…

C’est ainsi qu’après avoir étudié, pour mon mémoire de naturopathie, l’archétype de la Femme Sauvageinspiré de Jung, me voilà repartie dans une nouvelle aventure, celle des fleurs sauvages.

Si en ville, la proximité d’avec les pots d’échappement nous empêche de les cueillir et de nous en servir, les reconnaître au fil de mes trajets quotidiens me réconforte, me fait me sentir vivante. 

Je suis alors différents naturopathes et herbalistes dans des sorties botaniques et obtiens quelques certifications en ligne. Je scrute les parcs, je commence à randonner…

Me vient alors l’idée de répertorier ce qui se présente à moi dans cette ville que je sillonne toujours à pieds et qui, au printemps, se voit envahie de pousses audacieuses et effrontées. Je crée donc « Fleurs sur la ville », projet mené dans la ville de Châtillon, au fil de mes trajets quotidiens. Je les prends en photo et les poste sur Instagram. J’invite mes filles à les observer aussi et tout un monde s’offre à nous. Au fil de mes repérages, je prélève deux échantillons de la plante : je fais sécher l’un dans une presse improvisée puis livres spécialisés en main, j’observe l’autre afin de l’identifier avec certitude et d’en apprendre davantage sur ses caractéristiques. Je réalise ensuite un herbier précisant la date et le lieu de la cueillette. J’effectue enfin une cartographie à main levée des rues où la plante a été repérée.